Un homme s’appartient-il?

Christophe Auguin a oublié de pointer sa tête de vainqueur sur les pontons des Sables d’Olonne. Alors bien sûr on le cherche…

Vers Saint-Martin de Bréhal, délicieux havre normand, un Auguin, son paternel, répond.

« Vous savez Christophe était un petit sauvageon. » A prendre au sens de celui qui chérit sa liberté.

Christophe est injoignable. Parfois il joint. Pas souvent. cheap viagra uk Rarement, il pose ses docksides en France. En fait, il n’a plus guère de docksides. Il possède un bateau sensé balader des touristes vers Ushuaia. Ca le barberait. Il est en train de longer les côtés Est du Chili pour amener son bateau en chantier. Christophe Auguin enfile surtout les bottes, qu’on imagine éperonées du paysan. Il a des hectares, des terres, au Nord de l’Uruguay. C’est marrant Ushuaia et Uruguay c’est sur la même page de dico.

Christophe Auguin (en veste rouge), fait parfois encore le marin, pour des touristes qui prennent des photos.

.Auguin a gagné trois courses tout seul, deux tour du monde avec escale, un tour du monde sans escale. Il a posé dans Paris-Match. Et puis il a fermé les magazines. Il a connu la douleur extrême de perdre un enfant. Il a traversé la difficile entreprise d’une société qui concevait des mâts en carbone. Et puis il est parti. A Punta del Este, escale de bien des marins, il a trinqué, rencontré, échangé et trouvé un doigt qui lui a indiqué des terres, tout au nord, au-delà du goudron. Vers Tacuarembo? Ou Rivera? A moins que ce soit Paysandu.

Il est entouré de vaches, de moutons, de chevaux, de péons. Il récupère l’eau douce, produit l’électricité  Il a refait sa vie comme on dit. Le plus proche voisin n’est pas atteignable à pied. On ne lui rend pas visite. Parfois, sans forcément prévenir, quand un marin est de passage à Punte, il descend jusqu’à lui. Isabelle Autissier a partagé une bordée terrestrei. Ils ont remodelé la terre à leur façon.

« Il est bien, il n’a pas l’intention de bouger. »

Isabelle aimerait bien le suivre quelques jours sur ses terres.

C’est pas qu’elle s’invite mais…

« Ca fait dix ans que j’attends ça. Il semblerait que j’ai obtenu une autorisation spéciale. Il m’a dit écoute, un jour, si tu veux venir me voir… »

Trop heureuse Isabelle.

Peut-être qu’on aurait pas dû raconter tout ça.