Je suis désolé.

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Back from Chili con Santiago, le gros avion dans lequel j’étais dedans, est passé au-dessus du bateau de JP, alors le coup de vent a secoué la bête, et la quille s’est barrée. Ça peut pas être de sa faute, donc c’est de la mienne.

Mais ça la fout mal, parce que JP… Comment dire…

Un jour sur Sikinos, caillou grec, dans le croquignolet port , j’ai vu des canards flotter sur le mer.

JP c’est pareil. Un drôle de canard égaré sur l’eau salée.

Au début on le regarde de loin. Qu’est-ce qu’il fout là ? En plus, voilà-t-y pas qu’il s’acoquine avec le grand Nicolas (Abiven) et qu’il(s) nous gagne(nt) une course en double. Ils rangent les écoutes, on les écoute alors. Et c’est tout de suite l’otite cérébrale : Ils nous causent performance, binôme, efficience, quart de quart de noeud, problématique. Un oeil interrogateur au CV : Fils de famille, yachtman etc… Bref : Monsieur s’ennuyait, va nous ennuyer, et vient faire joujou avec ses soussous, n’est même pas Breton et n’a jamais lu Breton. L’a priori étant l’ennemi du journaliste (et de l’homme), il a bien fallu s’approcher du canard, qui, quand il sort de l’eau est déguinguandé et semble ne pas savoir où poser ses plumes.

C’est pas facile d’apprivoiser un drôle d’oiseau timide.  Ça prend du temps. Mais d’approche en approche… Un dîner impromptu sur le harbour d’Auckland, où JP faisait construite son bateau. Un café sans crème en face de la Mutualité ou vers le Champ de Mars. Un déj avec vue sur étang vers Lorient, où il crèche famille et bateau. Au début, JP gardait tout. À la fin, JP donnait beaucoup. C’est rare ces moments où le journaliste accouche de l’homme plus encore que du sujet, où le stylo se poserait bien, parce que son encre, génée, est passé du noir au rouge. JP a  évoqué son père, ce manque. JP a confié ses doutes,

sa torture. JP a convoqué ses amis invisibles, ses béquilles.

Jean-Pierre Dick, fils de famille classée dans les plus riches de France, un jour, a plaqué sa vie (sans la renier), pour s’en inventer une autre. Ça donnait l’envie d’une belle bio. On échangeait, comme ça. On le poussait à noter sur un petit carnet pour se raconter.

C’est son tour de gagner le Vendée, peut-être parce que plus que tous, il s’est changé. François t’as le temps, Armel c’est pour le coup d’après

Un bateau sans quille, c’est comme un grand canard sans bouée ; ça flotte. Ça peut même voler, c’est comme dans un conte d’Andersen, ça peut tirer une coque dans le ciel. Ça compte un bateau qui passe la ligne au-dessus de l’eau sans la toucher?

JP on t’attend.