On imagine Bertrand De

Broc, dans trente berges, sur les bords de l’Odet, assis sur un rondin de pommier, en train d’expliquer à un petit-fils que faut pas être pressé, que la pluie un moment cesse, que la vie un moment s’interrompt, que finalement ce qui doit arriver , hein mon petit gars, ça arrive…

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« Ça, c’est fait » nous résumait-il un 14 janvier 2013 après ses premières huîtres depuis quatre mois.

Il aura mis le temps qu’il fallait. Pas 92 jours. Non, des années. Juste le temps de se recoudre une langue, entre une quille qui allait peut-être tomber vers Auckland (1992), et une autre qui pollue vraiment le fond de l’Atlantique Nord (1996). « Ça, c’est fait. » Et si on était sa psychanaliste, on respirerait, soulagé non pas d’une quille de trois tonnes, mais d’un poids plus lourd. Et pourtant Bertrand n’en rajoute pas sur le côté si-j’avais-pas-terminé-celui-là, c’est-toute-ma-vie-de-marin-qui-aurait-été-un-échec. Comme si c’était pas le souci. Il ajoute juste ceci : « Peut-être que sur d’autres courses,

j’avais pas suffisamment en tête, le fait de fini. » Dans sa cambuse, cette fois, il avait affiché la première phrase des instructions de course : « Le Vendée-Globe est une course sans escale qui part des Sables d’Olonne et arrive aux Sables d’Olonne. » C’est pas si compliqué. Le paradoxe est que jamais il n’a été prêt si tard. C’est comme s’il avait été poussé. Un repas entre hommes, une boutade presque, un million-et-demi dégoté principalement par souscription, et on lui indiqua le sud, à bord d’un projet, qui semblait minimaliste et acrobatique. « Mais j’ai hérité d’un bon bateau (N.D.L.R : L’ex de Le Cléac’h), les trois-quarts du boulot avaient été faits. J’avais plus que le bonhomme et l’hydrogénérateur à mettre à bord. » Il avait plus qu’à finir, à regarder des centaines de dauphins lui offrir une danse, à  se sustenter  dans le stock de gourmandise, à prendre des photos, à prendre le vent, le plus souvent sans musique, sans livre, sans autre présence que la sienne… Il a un je ne sais quoi lymphatique le De Broc, qui repose du speed super-hypra-méga compétition de devant, qui. De ceux qui mettent moins de quatre-vingts jours il dit : « Bientôt il enchaîneront deux Vendée de suite… » Lui n’en sera plus. Il a fait son temps, c’est pas son rythme. Sur l’erre du Vendée, il envisage cependant une transat Jacque Vabre et une route du Rhum. Ah le Rhum… On se souvient forcément de son coup de clignotant à gauche, de son renoncement, parce que garder l’équilibre sur un multicoque, à son sens, était jouer de la roulette russe avec trois balles sur six dans la barillet. C’était courageux. Et pas lâche. Sauf que Le Rhum reste à finir… C’est comme le Vendée quoi. Ça se fera.