Finalement, en faisant tourner un globe, on notera qu’on n’est pas obligé de partir d’un bout de menhir effrité pour savoir faire un tour du Monde à la voile. Guo Chuan l’a aussi compris. Au printemps, après 136 jours de sévères rouleaux, il est revenu à Quingdao à bord d’un Akilaria class 40 prêté par un mécène. Les vidéos de son accueil pourraient nourrir une pub pour le Vendée Globe. Sauf que les visages bridés, ça le fait pas encore dans le paysage. Ou pas encore… Car Guo Chuan a une idée dans sa caboche de têtu. C’est même pour ça qu’il fraye discrétement en Bretagne ces temps-ci, qu’il consulte, qu’il navigue, qu’il rencontre, qu’il s’intéresse. Guo Chuan est un candidat plus que sérieux, et plus que crédible, au Vendée Globe, et avant ça à la Barcelona World Race. On l’a chopé en Chinese star sur le trimaran de Tomtom Coville qui a du métier en matière de route autour du monde. On l’a repéré au passage chez Christian Dumard, routeur émérite qui a été son grand guide durant ce tour bouclé. Dumard: « il est venu voir ce qu’il pourrait faire dans les années à venir. Il un bon niveau, il est organisé, intelligent, il comprend bien les choses. »

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Guo était ingénieur aéronautique. Il a 38 ans. Il fait la fête au saké. Il a sauté dans l’eau, à dix mètres du quai, pour terminer à la nage son tour du monde. Voilà dix ans, il a découvert qu’on pouvait aller sur la mer. Il s’est parfois entraîné à Pornichet. Il a derrière lui Ling Ling Liu, une très efficace chef de projet, qui depuis Londres, nous rapporte quelques mots de son protégé:

« I will do things step by step, just like what I have done before. I came to France to learn the best skills about sailing in 2007 and in 2011, I finished Mini-transat in 6.5m boat (NDLR: 55éme sur 79), and in 2013 I finished my solo trip around the world in Class 40. And my next immediate plan is to participate the Barcelona World Race, in IMOCA boat. As to Vendee Globe, it is every sailor’s dream and simply by finishing it, it is like climbing to the top of Mount Everest. As a professional sailor, it will definitely be my ultimate goal and I also hope that I will be the first Chinese who is capable to do it. »
C’est pas du chinois, c’est de l’anglais, ça semble tiré d’un compte rendu de comité central qui ne rit jamais, mais ça veut bien dire que Guo a passé son permis de marin au large, et se rapproche d’un engagement dans la grande course. Guillaume Henry, toujours directeur général de la SAEM Vendée, et qui avait été embauché en grande partie pour ouvrir la course au monde, confirme la rencontre. « On s’est vu, c’est constructif. » Les organisateurs -même s’ils ne sont pas toujours suivis par les sponsors vendéens- rêvent d’internationalisation, et quand ils ferment les yeux imaginent un néo Z et un chinois au départ en 2016. Pour le Chinois c’est bien parti…