Barbe Haddock version grise, jean avec des trous mode, casque de moto, et pepsi à défaut de coca qu’il baisse de niveau, preuve qu’on peut être mort plusieurs fois et toujours vivant. La terrasse est parisienne, Yvan Bourgnon, est de passage, sans qu’on comprenne bien s’il habite quelque part. Il mate la chape de nuage,et se désole pour son cours d’astronomie du soir. « On fera de la théorie. » C’est un cours de rattrapage. Môme, il a navigué en longueur et aux antipodes avec papa, maman et frangin (Laurent, le double vainqueur du Rhum 1994 et 1998). « Je savais pêcher, chasser, monter aux cocotiers, et lire dans les étoiles. » Il a  déniché, du côté de Versailles, un vieux grigou comme le nouveau siècle n’en produit plus, pour rafraîchir ses connaissances en ciel et sextant. C’est que dans un mois et demi, Yvan s’en va essayer un tour du monde en un an, sur un catamaran de 6,30m de long et 4m de large, avec « un sextant, des cartes marines plastifiées, et une régle-Cras.  » (et aussi un équipier, Vincent Beauvarlet). C’est le retour dans la nav à l’ancienne. C’est le retour d’Yvan Bourgnon, enfant compliqué de la voile au large.    bourgnon 001

Il est quasiment établi que la terre est ronde et que les règles y sont carrées. Yvan Bourgnon a toujours eu du mal à se situer dans cette double dimension. « J’ai toujours été marginal » consent t-il. A quai, ça donne une compagnie pas très recherchée et des embrouillaminis à noeuds. En mer, ça donne des équilibres instables, qui ont défié bien des lois et parfois fait du bois. Yvan a levé la patte de son trimaran de 60 pieds (ex-Tacchini, re-baptisé Brossard), jusqu’à la démesure. « Je sortais les dérives de l’eau, Lauriot-Prévost (architecte reconnu) prétendait que si tu les sortais, le bateau chavirait.  » Pas toujours. Yvan a signé un record des 24 heures en solitaire (610 milles en 2006)  « avec des voiles percées », un run « de psychopate ». Yvan a voulu vendre son engin de cirque nautique à un prince des mille et un derricks. « Le jour où on a signé le compromis, il s’est pété en deux. » Il a fallu recoller les morceaux (du bateau pas du Prince) et tenter le retour en France. Ca s’est terminé en mikado sur une falaise Omanaise. Escroquerie à l’assurance a raillé une partie du milieu. « Personne n’assurait plus les trimarans depuis des années » objecte t-il. Et de conter une incroyable fortune de mer: « mon équipier s’est endormi, on s’est fracassé, on a ajuste eu le temps de prendre un sac étanche, on a eu du mal à grimper sur un rocher à cause du ressac. Après il a fallu se coltiner l’ascension de la falaise, et devant nous s’est présenté un désert… On avait un litre d’eau. On a marché toute une nuit. Le lendemain aprés-midi une jeep nous a récupéré. C’était des militaires, ils nous ont mis les menottes, ne parlaient pas anglais, ne nous ont pas donné d’eau. On s’est retrouvé au cachot, mn équipier délirait, commençait à parler de testament… C’était comme dans un film. »

buy propecia prescriptions online

C’était vers 2008. On est en 2013. Entre les deux, Yvan a beaucoup régaté en petits catamarans. « Mais moi c’est le large et le défi qui m’intéressent. » Une dizaine d’hurluberlus -dont son grand frangin en tête- ont osé l’Atlantique en petits cata. Plus fort, c’est le Monde, 50 000 km, via Panama, les Marquises, les pirates indonésiens et Suez. Avec des escales pour se remettre. Car ceux qui ont essayé l’Atlantique ont encaissé sévère. « Mon frère n’a rien pu toucher avec ses mains pendant des semaines. » Un autre -paix à son nom- n’a plus jamais remis son cul sur un bateau.

C’est que ca mouille tout le le temps, c’est qu’il n’y a pas d’intérieur, qu’il faut s’attacher pour dormir sur une espéce de banc extérieur, c’est qu’il faut pêcher à la traîne quand les vivres sont épuisées… « On a des pommades qui vont bien et des chapeaux de pêcheurs. »

Il faudra d’abord compter sur les étoiles, celles du ciel et la sienne.

bourgnon 003