J’ai toujours aimé prendre une leçon par Michel Desjoyeaux, dit « le professeur. »

Parce qu’on a le droit de lui répondre.

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Mich’ Desj’ n’assène pas, il débat.

Y avait donc convocation à la FFVoile -un mardi d’après digestion de buffet parisien gratuit- pour un cours qui ne serait pas magistral. Thème de la bonne heure enfermé sans fenêtre, le Breizh World Tour 2017-201, hypothétique nouvelle épreuve en solitaire avec escales.

Le double vainqueur du Vendée (on ne va pas réciter la suite du CV) promeut une nouvelle course, réservée à une nouvelle classe de 50 pieds, les Océan 50, dans un paysage nautique francophone encombré, comme la baie de Sydney un dimanche ensoleillé. Et pourtant Mich’Desj’ sait ce qu’est une série de trop: dans les cimaises de Mer Agitée pend son MOD qui ne prend plus l’eau bleue depuis que Foncia ne signe plus les chéques en noir.

 

Breizh

Pour commencer on a appliqué un sparadrap virtuel sur notre bouche et écouté la leçon. Le résumé des arguments donne ceci:

-LE BWT c’est bon marché.

« Un tiers d’un IMOCA 60 » (les bateaux du Vendée Globe). Les bateaux, des monotypes modernes, identiques sauf les voiles, seraient loués par l’organisation, pour un million par an. « Ils seront livrés prêts à courir, le marin arrive avec ses bottes et son sandwich… un peu plus s’il ne veut pas revenir tout maigre. »

-LE BWT c’est français.

Pas besoin de sortir le méthode Assimil pour causer avec le local de Cape Town ou d’Auckland qui ne dégoise même pas français. Le BWT vise des escales à Saint-Denis de la Réunion, Tahiti, et aux Antilles. « L’internationalisation de la course en solitaire est un voeu pieux. Et le Vendée peut nous dire ce qu’il veut… » Donc recentrage franco-breton, sur les fondamentaux. C’est pour les entreprises qui ne peuvent pas, ou plus, se payer un Vendée à dix millions,

-Le BWT c’est une bonne école.

Entre la course du Figaro et le Vendée c’est comme s’il manquait un passage. « La marche est trop grande. » Pas forcément en compétence maritime. En terme de gestion de projet et de recherche de financement. « C’est pour ceux qui veulent grandir doucement. » C’est pour des Tabarly, des Lunven, des têtes de flotte du Figaro qui ont peur de se noyer en ratant le grand plongeon.

Aprés on a levé la main et on l’a ouvert.

-« Y a des trucs intelligents là-dedans. »

-« Ben heureusement. »

Mais y a pas que ça.

Ca risque d’envoyer des bateaux dans l’oubli (les Class40, les Imoca 60)… Ca risque de pas prendre car faut un brin de racines historiques pour intéresser le public, car faut des noms, car y a déjà trop de courses… Ca risque de ressembler au Vendée en moins bien… Ca risque

Il faudrait cinq partants pour lancer l’affaire. Ca se jouera d’ici un an.

Commentaire du « professeur. »

« Si on est les seuls à être convaincu on remballe… »

Têtu mais pas obtu.